Son nom est déjà une sorte de diplôme d’efficacité puisque « saliva » vient du latin « salvare » qui signifie « sauver », « guérir ». Mais elle a aussi à son actif le plus beau palmarès de citations à l’ordre de la santé qu’on puisse imaginer.

Pour les Romains, elle est l’« herbe sacrée » qui se récolte avec un cérémonial spécial : sans l’intervention d’outils de fer (on sait maintenant que les sels de fer sont une substance incompatible avec la sauge), en tunique blanche, les pieds nus et bien lavés, après avoir sacrifié au préalable au rituel du pain et du vin.

Les Romains sont persuadés que non seulement la sauge protège la vie mais qu’elle aide à la donner. « Elle retient ce qui est conçu et le vivifie », disent-ils. En foi de quoi ils la conseillent aux femmes enceintes et à celles qui souhaitent le devenir : elles doivent demeurer quatre jours sans partager la couche conjugale, boire une bonne ration de jus de sauge, puis habiter charnellement avec l’homme et, infailliblement, elles concevront.

A l’appui de cette recette est cité le cas d’une ville d’Egypte où les femmes furent contraintes « par ceux qui restèrent d’une grande peste qui y advint » d’ingurgiter la même potion et « par ce moyen ladite ville fut incontinent repeuplée d’enfants ».