Un engagement à réduire d’un tiers les émissions de CO2 pour la construction des routes d’ici 2020.DR

La fédération nationale des travaux publics et le ministère du développement durable ont signé hier un accord qui engage les entreprises, particulièrement les constructeurs de route, à réduire d’un tiers leurs émissions de CO2 d’ici 2020, à recycler 100% des matériaux géologiques employés ou encore à couper de moitié leur consommation d’eau. Un bel effort pour des entreprises qui n’ont pas une bonne image environnementale dans l’opinion publique.

L’automobile n’a pas bonne presse dans le développement durable. Malgré la crise, les difficultés du secteur et l’ampleur des aides publiques, elle peine à inventer un modèle plus respectueux de l’environnement et des énergies fossiles. Les signaux d’alarme se multiplient, de la baisse des ventes de véhicules à la baisse de fréquentation des autoroutes. Celle-ci, chiffrée à 1,4 % en 2008, inquiètent d’autant plus les gestionnaires d’autoroute qu’elle ne s’explique pas, comme ils l’avaient d’abord pensé, par la hausse des carburants du début de l’année 2008, puisque la baisse a continué avec le retour de l’essence à un prix plus acceptable pour le portefeuille des automobilistes.


C’est cependant du côté de la construction des routes et autoroutes qu’un signal fort a été donné hier avec la signature d’un accord entre le ministère du développement durable et les entreprises de travaux publics.


Cet accord, qui engage les entreprises de terrassement et de construction routière, soit plus de la moitié des activités de travaux publics, stipule que ces dernières vont réduire de 33% leurs émissions de CO2 d’ici 2020. Soit 13% de plus que l’engagement pris au niveau européen pour l’ensemble des activités humaines. En outre, les entreprises vont réemployer ou valoriser 100% des matériaux géologiques naturels excavés sur les chantiers de terrassement ou encore réduire de 50% de la consommation d’eau sur les chantiers.

Procédés innovants et pression des commanditaires

La Fédération nationale des travaux publics, dont les adhérents revendiquaient un chiffre d’affaires de 43 milliards d’euros en 2007, n’est pas aussi étrangère qu’on pourrait le penser au développement durable. D’abord parce que les matériaux employés sont de plus en plus performants. Ensuite parce que les élus, commanditaires des travaux, sont de plus en plus exigeants. Un nouveau sondage de BVA, qui a interrogé 300 représentants de collectivités locales, apprend que 86% des sondés disent avoir intégré le développement durable dans leurs priorités, malgré le surcoût que celui-ci pourrait entraîner. Cela se remarque déjà dans les aménagements conduits par les collectivités, notamment dans la dépollution des sols.


Désormais, les routes et autoroutes vont donc se verdir, même si cela paraît antinomique aux défenseurs du tout transport public. Conscientes de l’image plutôt négative qu’elles ont en terme environnemental dans l’opinion publique, les entreprises de travaux publics qui travaillent dans le secteur routier ont donc tenté depuis des années d’être en pointe en matière d’innovation durable. On peut ainsi trouver sur le site de la Fédération nationale des travaux publics, une rubrique intitulée « Bonnes pratiques environnementales » qui décrit les procédés existants pour réduire l’impact écologique de construction de ce qui reste une voie grise à travers les paysages verts.