La cosmétique bio emballe, avant tout, les ringardes : faux.

Non, celle-ci n’est plus l’apanage d’écolos pures et dures, comme le souligne A Jatès, présidente du Laboratoire Nuxe qui vient, tout juste, de lancer sur le marché une seconde marque 100% bio. Ce type de soin répond à la demande de nouvelles consommatrices qui se posent globalement des questions sur l’alimentation, la santé, et donc sur les produits de beauté. Des consommatrices inquiètes de ce qu’elles lisent sur certains conservateurs et substances chimiques, mais aussi exigeantes, boudant les textures par trop basiques.

Qui dit bio dit marque confidentielle: 100% faux.

Fort d’un chiffre d’affaires européen de 770 millions d’euros (chiffre communiqué en été 2007), le bio a, indiscutablement, le vent en poupe. Elaborée à partir d’un maximum d’ingrédients d’origine naturelle transformés par des procédés respectueux de l’environnement, cette cosmétique véhicule une image positive qui n’a pas laissé insensibles les grands groupes.

ecologieL’Oréal vient, en effet, d’acquérir le laboratoire français Sanoflore, pionnier dans la fabrication des produits certifiés bio, et le groupe Clarins a signé avec la société Kibio un accord en vue de développer une ligne naturelle biologique. Mieux, voilà un an, la marque Care de Stella McCartney, profitant de l’expertise de laboratoires communs avec Yves Saint Laurent, a fait entrer le bio dans le domaine du luxe. On est donc très loin de la connotation «pharmaceutique» des pionnières des années 1990!

Un soin qualifié de «naturel» est nécessairement bio : faux.

Il ne suffit pas qu’un produit contienne quelques extraits d’origine naturelle ou végétale pour être estampillé bio : voir le guide COMETOX . En Allemagne d’abord, puis en France à la fin des années 1990, divers organismes de certification, regroupant des distributeurs, des détaillants de la filière bio et des agriculteurs, ont mis au point des cahiers des charges ambitieux. Ceux-ci définissent les critères auxquels sont soumis les produits bio. Organisme de certification européen le plus connu mais aussi l’un les plus importants, ECOCERT est une référence dans 85 pays dont la Suisse. Cosmétique ECO (pour écologique) et Cosmétique BIO, ses deux labels, ont des exigences très élevées. Pour en bénéficier, les produits doivent répondre aux contraintes suivantes :

– 95% minimum du total des ingrédients doivent être d’origine naturelle.
– 50% minimum du total des végétaux, 5% du total des ingrédients doivent être issus de l’agriculture biologique.
– Parfums et colorants de synthèse, silicones, parabènes et dérivés sont interdits. Seuls quelques ingrédients de synthèse (encore non disponibles en origine naturelle) sont autorisés.
Plus strict encore, le label Cosmétique BIO garantit que 10% du total des ingrédients (au lieu de 5%) sont issus de l’agriculture biologique. En Allemagne, c’est le label BDIH qui signale les «cosmétiques naturels contrôlés». Exemples connus en Suisse : Weleda ecocert et Dr. Hauschka.